La mécanique du traître et sa péri-carrière
- Cœur D'Aa

- 4 juin
- 3 min de lecture
Cette nuit j'ai rêvé d'un environnement de travail que j'ai connu par le passé. J'y étais juste en visite, je revoyais certaines personnes, avec des coupes de cheveux différentes, des comportements similaires et mon indifférence totale ; une réalité dans ma nuité.
Des open spaces ou presque des salons de maisons, des bureaux partagés où règne l'hypocrisie, la volonté de nuire à son collaborateur, les cancans, les moi je, les passe-droits et les moments au café où tout le monde peut enfin théâtraliser un quotidien sans consistance, masqué et enfin pouvoir poursuivre "sa carrière" avec la plus grande authenticité qu'un faux-semblant ne connaîtra à peine que sur le divan d'un psy'.
J'ai pu observer, dans tous mes voyages professionnels expérimentaux, que la mécanique est partout la même. Ils sont "potes" avec les hiérar', ils leurs sont dévoués, d'ailleurs on se demande s'ils ne fricottent pas entre deux réunions parfois ; ils se lèchent pro' peut-être, va savoir... C'est le point numéro 1, aucun traître pseudo-carriériste ne challenge une hiérarchie y'a trop d'enjeux pour eux.
Numéro 2, ils abaisseront les compétences et la personnalité de leurs collègues, directement ou insidieusement, parce que leurs buts est de montrer patte blanche et de rivaliser. Leur manipulation montre à quel point ils ne sont, en réalité, pas si compétents pour occuper des postes à responsabilité censés rassembler et créer des ressources pour développer la société. Cela, ils le font en général par jalousie, mépris de l'autre, parce que au fond, ils n'ont pas vraiment confiance en leurs capacités autonomes.
Numéro 3, ils ont besoin de déballer leurs pathos personnels, mon enfant si, mon mec ça, le jardin, le pognon, les vacances... bref la vie de merde ! Non, mais ça me déprime autant que ça me fait rire quand je l'écris à l'instant. Alors, ça c'est la petite touche qui fait que les responsables cernent qu'ils sont à leur juste place, ni plus, ni moins. Le manque de professionnalisme perceptible par un enfant de 10 ans les décrédibilise d'une carrière qui demande une certaine distance/proximité ; Oui, nous ne sommes pas chez Gégé à un barbeuc' le dimanche !
Numéro 4, ce sont des bons élèves avec un grand besoin de l'approbation, la reconnaissance et la bonne note de la part de leur "maître". Ils nous affichent tout leur narratif consensuel sans personnalité en complète adéquation avec le cadre, c'est parfait chouchou, tu auras mon sourire le matin et peut-être même que dans un an mon évaluation passera de 8/10 à 9/10 ; waouhhhh que c'est jouissif !. Ils font exactement ce qu'on veut d'eux et ça les stresse énormément de perdre l'aval de la direction sans direction claire. Ils sont bien dans le cadre, soucieux de bien faire, ça marche à coup sûr puisqu'ils n'ont que le rôle qu'ils acceptent de la part d'une vision altérée par les mêmes conditionnements.
Je ne ferai pas de suite au numéro parce qu'on a compris la chanson, le traître fonctionne toujours de la même façon et nourrit sa posture avec les siens (les mêmes) tout en étant frustré, triste, insatisfait, malheureux... et dans le meilleur des cas s'il a une promotion, ça ne sera pas plus réjouissant ; il restera en péri-carrière, un truc beau sur le papier qui est pour lui un enfer à mensonge quotidien ; le sien.
©Coeur D'Aa
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